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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 08:21

 London calling to the faraway towns

Now that war is declared-and battle come down

London calling to the underworld

Come out of the cupboard, all you boys and girls

London calling, now don't look at us

All that phoney Beatlemania has bitten the dust

London calling, see we ain't got no swing...

London Calling - The Clash

 

Les paroles des Clash n’avaient finalement rien de prophétique. La « Beatlemania » vouée à la disparition d’après les lyrics de Joe Strummer et sa bande, est toujours vivace dans la jeunesse londonienne. Du moins si on devait lse imiter aux quelques brits rencontrés aux abords de la Mosson. Il faut dire que ça respirait plus la pop inoffensive d’Oasis que la rage des Sex Pistols dans cet échantillon rougeaud et guilleret. Cheveux bien rangés, visages plutôt frais, ils n’ont de commun avec les outres à houblon rencontrées en 91 pour la venue de Manchester que le bronzage de bidet et une disposition toujours unique pour les vocalises. On les sent volontiers cadres de la City, employés du mois,  étudiants du premier rang…


 

 

 

« La, la, la, la- la-la, laaaa, la-la-la, laaaa, Djiweuuuu… »


Ils nous passent donc sous le nez, encadrés par des CRS surtendus à l’arrêt du tram, presque tous vêtus d’une liquette « Fly Emirates ». Et leur chant à la gloire de « Djiweu » (« Giroud » étant un truc strictement imprononçable pour un anglais normalement constitué) reprend justement « Hey Jude » des fantastic four. Attention charmante de nos visiteurs en hommage à l’un des artisans de la belle aventure de 2012. Charmante… si elle n’était ornée de majeurs tendus, et de quelques « bastards » à notre encontre. Pour le coup, c’est plutôt « arsehole* » que « Arsenaul », mais qu’importe, on a connu bien plus désolant en matière de rosbif avarié. Ca reste good child par rapport à la Red Army de 91, ou ceux du tournoi de France de 97…

*Ang. : argot. Anus, trou du cul.


C’est donc ça. Ces quelques employés modèles s’encanaillent à nous narguer au son des Beatles sur leur dernière recrue, notre goleador perdu l’été dernier au nom des choix de carrière et des employeurs plus prestigieux. Devaient-ils croire, sans nul doute, que ces incantations au nom de notre Biou  allaient nous faire sortir de nos gonds. Qu’on y verrait un blasphème célébrant n’importe quel Judas ayant quitté Stamford Bridge pour l’Emirates.


 

Oui, mais voilà, nous ne sommes que de modestes français, rompus aux affres du football moderne et de l’arrêt Bosman, pire d’humbles pailladins ayant plus ou moins facilement admis que n’importe lequel de nos bijoux de famille s’exporterait tôt ou tard chez les grands acteurs des mercredis soir télévisés. Contraste certes caricatural mais saisissant : les grands-bretons qui nous passent devant arborent des maillots floqués du gotha européen (Van Persie, Henry, Podolsky) sous le regard incrédule d’un péquélé bien de chez nous, vêtu d’un exemplaire rouge époque Courbis frappé d’un superbe Lacombe…


Apparté ligue un, ce chant pour "Djiweu" rappelera à certains d'entre nous ces "Giroud à Paris" lancés par les travées du Parc à l'hiver dernier en pleine rencontre. Et ce, au déni du moindre respect pour ceux qui étaient en train de se battre sous le maillot du PSG. Ca semble ainsi chez les supporters des "grands clubs". La richesse du président est un vecteur de chambrage des adversaires plus modestes, et les grands faits d'arme de leur club de coeur commencent dès le mercato. Et même avant, lorsque les supporters commencent déjà à fantasmer sur les noms ronflants qui viendront grossir le banc la saison prochaine, quitte à dragouiller en pleine rencontre des joueurs qui sont en train de barrer la route aux ambitions de leur équipe fétiche. L’approche n’est ni respectable, ni condamnable (au pire elle est involontaire et ignare), elle est juste cynique ce qu'est le ballon rond. Une grande lessive faite deux fois par an, quelques rencontres au milieu, et surtout des stars et des résultats à la clé.


Le charme de la Paillade est d’arriver, tant que faire se peut, à participer au bal des ténors tout en échappant à cette lessive bisannuelle. Pour rappel, le club a déboursé 7 millions pour un titre là où le Doha Saint Germain en a lâché 150 pour une (belle) place de dauphin…


Cette logique mercantile aura sans nul doute raison du frêle esquif orange et bleu dans les remous de la Ligue des Champions, panier de crabes rassemblant cadres historiques de la hiérarchie européenne comme clubs-champignons bâtis au gré des humeurs des magnats du pétrole ou du gaz… Mais pour revenir aux fans de ces grands clubs, notamment les nouveaux riches, il subsiste dans leur comportement une petite dose de « je fais la maline avec de l’argent qui n’est pas le mien », un peu à la manière de ces oisives épouses de notables dans les sauteries mondaines.


Finalement, le petit échantillon de sujets de Sa Majesté croisé hier le long de notre mythique avenue n’est qu’un raccourci de l’élite du football actuel dans sa mère-patrie. Un sport-roi où tout a été aseptisé à grand renfort de pounds sterling, le laid, l’atroce, comme l’attachant. La Premier League ne sent plus la ferveur, la pisse et le whisky d’antan, ce n’est plus un scoop. Elle sentirait plutôt le plastique des sièges loués un smic la rencontre, et celui des cartes de paiement faisant crépiter les lecteurs des boutiques officielles où on mangerait par terre. Les punks, les tronches en biais, les parias, sont allés voir dans les divisions inférieures si l’herbe y est plus verte…


La France n’échappe pas à cette dérive. Le marketing tentera avec en point d’orgue l’Euro 2016, de Disneylandiser, voire d’évangéliser le football national. Il risque de se heurter à notre maigre culture du ballon rond. Comparée à celle de nos voisins, pour le coup elle est digne d’Eve Angeli.


Notre club favori non plus n’est pas totalement étranger à cette transformation. Et ce n’est que le temps d’une soirée européenne que la Paillade a retrouvé son chapeau de pitchounet emmerdeur des grands. Après les « zazis et les zazas » sur la place de l’œuf, les transferts à plus de 30 millions de francs et un budget à 400, notre équipe favorite connait une logique crise de croissance face à un statut à tenir. Mais l’aspect artisanal (voire foutraque) de son marketing, la place des jeunes pousses dans l’équipe type, les saillies présidentielles, l’ambiance de Grammont, nous laissent encore quelques salutaires subsides de football à papa. Libre à chacun de s’en réjouir ou de se lamenter…


« Djiweu »  nous récitaient donc les fans des canonniers d’Highbury. A vrai dire, ils l’avaient presque résumée d’un chant, cette foutue soirée, aussi désolante dans son dénouement qu’admirable dans son déroulement. A une passe décisive près, l’on aurait presque cru qu’Arsène Lupin nous avait subtilisé Giroud que pour gagner la première journée de Ligue des Champions. C'est que le grand Olivier n’aura pas pesé de tout son long sur la soirée (grâce en soit rendue à notre duo Vito-Mapou). En revanche, dur d’imaginer que la charnière faite de l’escabot Mertesacher, déjà mise au supplice mardi, n’aurait pas complètement sombré face à la Paillade de la saison dernière…

 


Il nous avait pas manqué celui-là avec ses réglisses... Gunner of the match


C’est comme ça, c’est le foot moderne, Olive n’est plus pailladin, il faut s’y résoudre, et accompagner de la meilleure des manières ses successeurs. Et notamment « el Tanke », notre gaucho pas si gauche, mais devenu le gimmick favori de gratte-papiers à cours d’idées sur le jeu du champion, comme des éternels insatisfaits qui semblent se repaitre de critiques, et qui ont du finalement trouver le temps long la saison passée, sans aucun joueur sur qui déverser leur fiel.


Ajoutons à ces roumégaïres professionnels, les merles siffleurs qu’on avait plus entendus depuis un bail dans nos travées (en fait, depuis la sortie de Kabze face à Amiens). Quand l’amnésie touche à l’Alzheimer, certains ont une mémoire vive qui semble avoisiner les 3 mois. Pour le coup, siffler Giroud à sa sortie, c’est plus digne du poisson rouge que de l’éléphant.


En fait, les chants sensés être provocateurs pour « Djiweu » auraient pu trouver des clients parmi nos merles …

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1 - La-bouée-de-sauvetage-d'un-football-français-à-la-dérive-et-l'unique-salut-d'un-championnat-en-décrépitude.

 

2- Une équipe qui a très provisoirement interrompu notre série de 7 titres consécutifs.

 

3 - comme si Sébastien Loeb disputait le tour de France cycliste en DS3 WRC et avait en plus des crétins pour l'encourager au bord des routes.